Les atlas de répartition régionale

Outils de connaissance et d’aide à la décision pour tous les acteurs de l’environnement

Pour être efficace, la protection de la nature doit s’appuyer sur une connaissance précise et à jour de la biodiversité que nous cherchons à préserver.

C’est bien sûr l’une des principales raisons d’être des associations naturalistes et la motivation majeure des bénévoles passionnés de nature, qui sillonnent la région et font remonter leurs observations pour contribuer au savoir commun et aux actions coordonnées de ces associations.

Pour que ce précieux savoir touche le plus grand nombre, du grand public aux acteurs directement concernés professionnellement, il est régulièrement diffusé sous forme d’atlas de répartition, qui compilent les informations issues des bases de données naturalistes des associations en les accompagnant de textes (monographies d’espèces et autres) qui permettent la contextualisation et l’interprétation de ces données.

Dans notre région, Nature Midi-Pyrénées coordonne trois projets d’atlas de répartition régionale : ornithologique, herpétologique et mammalogique. Nous participons par ailleurs au projet d’Atlas régional des papillons et zygènes de Midi-Pyrénées, coordonné par le Conservatoire des Espaces Naturels de Midi-Pyrénées.

Les objectifs des atlas

  • Mieux connaître la répartition des espèces sauvages dans notre région : qu’il s’agisse d’un Chevreuil, fréquemment observé sur l’ensemble de la région, ou d’un Lézard des Pyrénées, discret et cantonné à de rares pierriers d’altitude, définir avec précision les limites de son aire de présence est toujours une tâche ardue. La difficulté sera dans un cas de rassembler et centraliser des données existantes, dans l’autre de prospecter chaque habitat potentiel…
  • Comprendre l’évolution et la dynamique des populations, ainsi que les enjeux sur notre territoire : les populations d’espèces sauvages évoluent au fil du temps. Certaines se développent et leur aire de répartition augmentent, d’autres diminuent, se cantonnent à des surfaces de plus en plus faibles, parfois jusqu’à disparaître. Dans certains domaines d’études naturalistes, des atlas régionaux antérieurs nous permettent déjà d’évaluer la dynamique de chaque espèce, et de définir ainsi des enjeux de conservation concernant notre territoire. Lorsque ce n’est pas le cas, l’atlas de répartition sera alors un premier état des lieux, base nécessaire pour comprendre par la suite l’évolution des espèces.
  • Réaliser et diffuser un bilan objectif de l’état des populations à un instant T : une image à un instant donné de la répartition de chaque espèce est un document inestimable pour tout projet d’aménagement du territoire. Il permet de connaître les potentialités écologiques d’un site, et d’adapter le projet aux enjeux naturalistes ainsi ciblés.
  • S’insérer dans une dynamique nationale : dans de nombreux domaines d’étude, cette démarche de réalisation d’atlas de répartition est entreprise également au niveau national. Tous les atlas régionaux pourront ainsi être synthétisés dans un document unique.

Les moyens mis en œuvre

  • Appliquer la méthodologie nationale : le principe de chaque atlas est de représenter la répartition des espèces suivant un maillage plus ou moins large. Ainsi, à une échelle régionale, on choisi comme référence cartographique un quadrillage de 10km sur 10. Pour chaque « carré », on indique la présence ou l’absence de l’espèce concernée. On pourra alors considérer que l’espèce est présente – ou potentiellement présente – dans tous les habitats qui lui sont favorables à l’intérieur de cette maille.
  • Échanger et travailler avec toutes les associations naturalistes et les organismes impliqués dans la connaissance des espèces sauvages de notre région : il est nécessaire dans ces projets d’atlas de répartition de travailler en partenariat avec toutes les structures qui détiennent des informations concernant les espèces sauvages. En effet, une grande partie du travail consiste à centraliser toutes les connaissances acquises par tous les différents acteurs du territoire.
  • Former, dynamiser et/ou fédérer un réseau de bénévoles naturalistes autour d’un projet commun : rassembler les informations existantes n’est souvent pas suffisant pour obtenir une image complète de la répartition de chaque espèce. Il est nécessaire d’organiser des prospections supplémentaires, sur l’ensemble de la région. L’ampleur du travail implique une forte mobilisation bénévole, qui s’organise autour de divers documents de communication, de formations, de sorties communes sur le terrain…
Le premier Atlas de répartition des reptiles et amphibiens de Midi-Pyrénées, projet coordonné par Nature Midi-Pyrénées, est paru en 2008. Voir ici pour plus précisions. Les liens ci-dessous vous permettront par ailleurs d’en apprendre plus sur les projets d’atlas en cours.