A vos mares ! Prêts ? Cherchez !

Depuis les années 1950 plus de la moitié de la surface des zones humides [1] a disparu en France et dans le monde. Partant de ce constat, leurs intérêts écologique, fonctionnel, scientifique et paysager sont mieux appréhendés et elles font l’objet de mesures de protection et de gestion. Cependant, dans toute cette grande diversité de zones humides (bras mort, ripisylve, tourbière, mare, prairie humide…), certaines, d’aspect assez « ordinaire », restent mal connues.

Les mares, notamment, se distinguent par leur superficie inférieure à 1000 m2 et une profondeur n’excédant pas les 2 m. Les mares peuvent se trouvaient dans diverses situations : en forêt, sur une source, en lisière ou clairière forestière, au bord d’un cours d’eau ; regroupant une faune et une flore adaptées (voir photo ci-dessous). Elles sont encore souvent considérées comme des sites banals sans valeur particulière, sans doute de par leur utilisation ancienne (et malheureusement souvent abandonnée actuellement) à des fins domestiques (abreuvoir à bestiaux, irrigation, tanner des peaux, assouplir des brins d’osiers…), leur relative petite taille ou leur aspect. Elles assurent cependant diverses fonctions utiles : épuration des eaux, stockage et redistribution des eaux, zone tampon en période de crues… Outre ces rôles, communs à toutes les zones humides, les mares ont leur intérêt propre en termes de réservoirs de biodiversité. Elles constituent en effet un milieu indispensable pour de nombreuses espèces qui ont besoin d’eau une partie ou tout au long de leur vie. Ainsi, elles sont un des lieux de reproduction des grenouilles, salamandres, tritons, libellules et autres insectes. Les mares servent aussi de zone de refuge et de repos pour la faune. C’est pourquoi, les oiseaux peuvent en profiter pour y prélever de quoi se nourrir, boire et se baigner.

Enfin, pouvant rentrer dans le cadre d’un outil d’aménagement durable du territoire tel que la Trame Verte et Bleue [2], les mares assurent une continuité avec les autres milieux humides, gage d’échanges d’espèces entre eux. La pollution de leurs eaux, l’introduction de poissons ou d’espèces potentiellement envahissantes, leur comblement, qu’il soit d’origine naturelle ou anthropique par le dépôt d’ordures ou le captage et le drainage des eaux, ainsi que les projets d’aménagement et le sur-piétinement des berges sont des exemples de menaces qui pèsent sur ces sites.

Face à ce constat et le peu de connaissances actuelles sur le réseau des mares en Midi-Pyrénées, le groupe bénévole « Zones Humides » de l’association Nature Midi-Pyrénées lance un inventaire de ces dernières, en partenariat et sur le territoire de la Communauté de communes Save et Garonne. Ce recensement a pour but de déterminer le nombre de mares existantes, leur état de conservation ainsi que l’existence ou non de connexions entre diverses zones humides du territoire. Ce travail définira également leur contribution au maintien de la biodiversité via des inventaires floristiques et faunistiques et des propositions de gestion peuvent être dispensées aux propriétaires désireux d’améliorer les capacités d’accueil de ce milieu.

Au vu de la superficie à prospecter et de notre envie d’impliquer la population à ce type de projet, cet inventaire est participatif. Si vous avez connaissance de la présence de mares près de chez vous, que vous soyez propriétaire, gestionnaire ou simple badaud… n’hésitez pas à le faire savoir à inventaire-mares@naturemp.org.

Article rédigé par Laëtitia, Guillaume et Nelly


[1] Les zones humides ce sont les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année (définition extraite de la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques de 2006).

[2] La Trame verte et bleue, issue du Grenelle de l’environnement, est un outil d’aménagement du territoire dont le but est d’identifier, maintenir voire restaurer les continuités écologiques suite à une fragmentation des milieux (plus d’infos sur http://www.naturemp.org/Trame-verte…).