Aux portes de l’Auvergne

Située au nord-ouest de l’Aveyron, au pied des Monts du Cantal, cette section de la vallée du Lot est très originale et dépaysante. Son architecture et ses paysages pratiquement auvergnats ont tendance à faire oublier le micro-climat remarquable de ses versants schisteux aux tons chauds, qui accueillent un vignoble réputé. A la jonction des régions Auvergne et Midi-Pyrénées, un petit paradis terrestre …

Sentier du Fel, crédit : Gilles Pottier

Aveyron • 4.5 km • 2h30 • Facile mais dénivelé de 250m environ

Situation : Toulouse à 218km

Parking : A la mairie du Fel

Dénivelé : 250 mètres

Accès

De Toulouse, se rendre à Rodez. A Rodez, suivre la direction Onet-le-Château. Après la traversée d’Onet, continuer sur la D 988 (route d’Espalion) jusqu’à Sébazac-Concourès, où vous prendrez la deuxième sortie au rond point et continuerez sur la D 904. A proximité d’Entraygues-sur-Truyère, prendre à gauche la D 920, puis à nouveau à gauche la D 107. Enfin, vous emprunterez la petite D 573 qui, serpentant à travers le vignoble en terrasses du Fel, vous mènera jusqu’au village du même nom, où vous vous garerez près de la mairie. De là part notre itinéraire.

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Sentier du Fel, crédit : Gilles Pottier

Parcours

De la mairie Du Fel (1), empruntez d’abord le PR 14 (balisé) en descente jusqu’au hameau du Cargadou (2). De là, engagez-vous (rengagez-vous, qu’ils disaient) sur le chemin qui descend en lacets répétés vers l’E. Au 7ème lacet (3), le chemin s’oriente franchement au nord et descend en pente douce vers un vallon reculé après avoir traversé une zone à buis (4). Vous voilà maintenant en bordure du ruisseau qui vous servira de guide (de même qu’un curieux balisage vert chou particulièrement respectueux de l’harmonie chromatique ambiante … ) pour remonter une portion forestière humide et luxuriante, aux allures quasi-tropicales ! Le chemin traverse le ruisseau de nombreuses fois, hésitant entre rive droite et rive gauche, et franchit un gros tronc abattu en prenant un peu de hauteur (5). Le murmure de l’eau courante se fait bientôt plus discret, puisque vous amorcez à présent la remontée du versant rive droite (6) et vous éloignez du fond du vallon. avant d’émerger dans une zone bocagère par un joli chemin bordé de murets (7) qui vous amènera jusqu’au hameau du Mas (8). Après en avoir longé les bâtiments, vous cheminerez brièvement sur une section goudronnée avant de bifurquer à gauche et de redescendre au hameau du Cargadou par un charmant petit chemin forestier (9). De là, regagner la mairie du Fel par le PR 14 emprunté à l’aller.

Extrait des cartes IGN 1/25000 série bleue : 2337 O et 2337 E

Conseil - un des intérêts principaux de cet itinéraire résidant dans la possibilité d’observation de nombreux reptiles et de leur prédateur attitré (Circaète Jean-le-Blanc), il est recommandé de l’effectuer par température modérée, lorsque serpents et lézards se chauffent à découvert. En effet, les reptiles deviennent difficilement observables par forte chaleur (demeurent à couvert dans les broussailles, sous les rochers … ou fuient rapidement) … aussi bien pour l’herpétologue que pour le Jean-le-Blanc, qui préfèreront tous les deux faire la sieste.*

Ce qu’on peut observer…

(A) Dans les zones ouvertes, notez la diversité floristique des murs de pierres sèches et des affleurements schisteux (nombreuses mousses, fougères et plantes rupestres).

(B) Le premier des nombreux lacets que décrit le chemin révèle un beau panorama sur la vallée du Lot.

© La descente se poursuit dans un univers de schistes bruns, de fougères et de bruyères qui n’est pas sans rappeler certains coins des Cévennes. Du fait de son orientation au levant, ce versant est propice à de nombreux reptiles, que vous apercevrez peut-être. Avec de la chance, vous observerez même le plus grand lézard d’Europe : le Lézard ocellé, dont la limite nord de répartition passe par ici ! Compte-tenu de la richesse des lieux en serpents notamment, le Circaète Jean-le-Blanc fréquente assidûment cette portion de vallée. Il n’est donc pas rare de voir ce magnifique rapace chasser au-dessus des landes et des vignes. Vous remarquez ensuite, à votre droite, des abreuvoirs hébergeant des larves de salamandres et deux espèces de tritons : le Triton palmé et le Triton marbré.

(D) Les sous-bois permettent d’observer divers oiseaux forestiers dont le rare Pic mar (Dendrocopos medius), qui apprécie les vieilles châtaigneraies.

(E) Ce chemin est bordé de nombreuses fleurs : pervenches et violettes à la fi n de l’hiver, orchidées au printemps, mais aussi le fameux Grémil pourpre-violet au dégradé de couleurs somptueux.

Milieux traversés

Prairies, bois, landes sur affleurements rocheux …

Oiseaux

diverses espèces forestières (pic épeiche, grimpereau…W) dont le Pic Mar (W), Circaète jean-le-blanc*, Huppe fasciée*…

Plantes

nombreuses plantes rupestres (Nombril de Vénus, mousses variées …) et diverses méditerranéennes de substrat acide

Reptiles et amphibiens

Couleuvre verte et jaune, Couleuvre d’Esculape, Couleuvre à collier, Vipère aspic, Lézard vert, Lézard ocellé, Lézard des murailles, Triton palmé, Triton marbré, Salamandre tachetée, Crapaud accoucheur …

* espèce présente uniquement au printemps/été W espèce présente toute l’année