Ce qu’il faut savoir pour les identifier

La reproduction des lichens et leurs organes particuliers

Reproduction sexuée. La plupart des champignons lichénisés étant des ascomycètes et en plus petit nombre des basidiomycètes, la fructification des lichens se fait par la dissémination de spores. La spore ne contient que le partenaire fongique et une fois libérée doit obligatoirement trouver son algue ou sa cyanobactérie. On ne connaît pas de mycobionte se développant sans photobionte. L’inverse n’est pas vrai, toutes les algues et cyanobactéries que l’on rencontre dans les lichens existent à l’état libre. Les spores contenues dans des asques (sac microscopique où se forment les spores) sont produites par les apothécies ou les périthèces qui se distinguent par leur aspect.
- Les apothécies sont généralement en forme de disque ou de coupe plus ou moins étalés. Quand elles possèdent un bord de la même couleur que le thalle (bord thallin) on les appelle des apothécies lécanorines, avec un bord de la même couleur que le disque (rebord propre) ce sont des apothécies lécidéines. Les apothécies zéorines plus rares ont un double rebord (rebord propre puis vers l’extérieur bord thallin). Quand elles sont allongées, linéaires et ressemblant à de petit sillons, elles sont appelées lirelles.
- Les périthèces noir ou de couleur sombre le plus souvent, sont en forme de poires plus ou moins globuleuses, plus ou moins enfoncées dans le thalle ou dans le substrat.

Reproduction végétative. C’est pour certaines espèces le seul moyen de reproduction. Elle se produit par fragmentation du thalle dû au piétinement par des animaux ou à des actions mécaniques comme le vent. Des organes appelés isidies ou soralies, contenant les deux partenaires, formés à la surface du thalle s’en détachent pour créer un clone un peu plus loin.
- Les isidies sont des excroissances dressées de même couleur et de même aspect que le thalle, toujours cortiquées, et de formes très variées, cylindriques, en massues, ramifiées, claviformes, coralloïdes, etc.
- Les soralies sont des fissures ou des cassures à la surface du thalle (non cortiquées), ressemblant à de petites boules farineuses ou globuleuses, le plus souvent d’une couleur différente du thalle. Elles sont en forme de casque, sphériques, labiatiformes, en bouton de manchette… et peuvent être faciales, laminales ou marginales.

Autres organes particuliers des lichens et très importants pour la détermination.
- Rhizines : filaments simples ou ramifiés, à la face inférieure des thalles foliacés principalement. Manchons ou faisceaux plus ou moins compacts d’hyphes assurant essentiellement un rôle de fixation.
- Cils : organes fins et allongés en forme de fil visibles à l’œil nu, constitués de plusieurs couches de cellules, de couleur différente du thalle, blanc ou noir, généralement à la périphérie ou sur la surface du thalle.
- Poils : fins, visibles à la loupe, ils correspondent au prolongement libre d’un hyphe du cortex (couche externe du thalle, un peu comme une écorce). Ils sont épars ou très denses en duvet court.
- Pruines : petits amas de cristaux blanchâtres et luisants (oxalate de calcium), généralement en poudre très légère couvrant plus ou moins le thalle, ressemblant à du givre.
- Fibrilles : courtes ramifications filamenteuses simples jusqu’à 1 cm de long, possédant un cordon axial, concolore au thalle contenant des hyphes et des algues, augmentent de façon significative la surface photosynthétique, uniquement sur les Usnea et quelques Alectoria.
- Papilles : petites protubérances du cortex, coniques généralement plus hautes que larges, situées entre les fibrilles des Usnea, visibles à la loupe.
- Céphalodies : sortes de galles, excroissances ou verrues à la surface du thalle formées de cyanobactéries, photobionte secondaire dans des lichens à Chlorophycées (algues vertes).
- Veines : saillies allongées du thalle, simulant plus ou moins un réseau, portant parfois des rhizines ou un tomentum (duvet dense). On trouve aussi des cyphelles, des pseudocyphelles, pycnide libérant des conidies… Tous ces organes ne sont pas faciles à reconnaître en première approche. Mais avec beaucoup de patience de détermination et surtout de l’expérience l’identification des différentes espèces devient possible.


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