Le sud du Massif Central

Le Lot, l’Aveyron, l’est du Tarn et la pointe nord-est du Tarn-et-Garonne constituent la bordure sud-occidentale du Massif Central. Ce sont des départements à la géographie physique complexe, où une géologie variée a généré des milieux naturels contrastés. Deux grands types de paysages, pratiquement opposés, s’y rencontrent.

Causses et rougiers

Le Rougier de Camares, Aveyron. (c)Gilles Pottier

Sur roche mère sédimentaire, hautement perméable (calcaires…), l’eau de pluie fuit rapidement dans les profondeurs et le sol présente une tendance à la sécheresse. Les Causses du Quercy (Gramat, Limogne, Martel), les Grands Causses aveyronnais (Larzac, Noir, Méjean), les rougiers (Camarès, Marcillac), les Serres du Quercy Blanc et les nombreux petits causses du Tarn sont le résultat de cette simple loi hydro-géologique. Traditionnellement voués au pâturage ovin et à quelques cultures frugales (vigne, truffe…), ces espaces arides d’aspect souvent steppique, où le Chêne pubescent et l’Erable de Montpellier (plus localement le Chêne vert) sont les arbres rois, possèdent une certaine « méditerranéité » visuelle. Visuelle seulement car, rappelons-le, leur climat n’est pas méditerranéen.

On y rencontre de nombreuses espèces liées à des espaces arides et ouverts, souvent rares ailleurs en Midi-Pyrénées. Les causses et les milieux apparentés hébergent d’importantes populations de Lézard ocellé, l’Oedicnème criard y est fréquent, et les orchidées très diversifiées. De curieux insectes s’y observent également : c’est le domaine de la Magicienne dentelée, mystérieuse sauterelle géante à l’allure de phasme…

L’Homme a de longue date pallié à la sécheresse des causses, très handicapante pour l’élevage, en y aménageant de nombreuses mares-abreuvoir au fond imperméable : lacs de Saint Namphaise sur les Causses du Quercy et lavognes sur les Grands Causses aveyronnais. Il en résulte un amusant paradoxe : ces zones, les plus arides de Midi-Pyrénées, sont aussi parmi les plus riches en petites zones humides préservées, et elles présentent une diversité remarquablement élevée en termes d’amphibiens, de libellules etc.

Hauts monts et Ségalas

Prairie fleurie de narcisses des pètes sur le plateau de l'Aubrac, Aveyron, (c) Gilles Pottier

Sur roche mère non sédimentaire, faiblement perméable (granite, gneiss…), l’eau séjourne plus durablement en surface, d’autant que le relief est élevé, les précipitations abondantes et les températures moyennes basses. Les plateaux du Carladez, de l’Aubrac et du Levézou (Aveyron), tout comme les Monts de Lacaune et la Montagne Noire (Tarn), sont des terres fraîches, pluvieuses et verdoyantes, largement vouées à l’élevage bovin. Relayées à plus basse altitude par les hautes collines des Ségalas, sensiblement moins froides et souvent bocagères (et où l’agriculture tend donc à s’intensifier…), ces hautes terres du Massif Central hébergent plusieurs espèces nordiques en limite méridionale de répartition, rares ou absentes plus au sud : Ligulaire de Sibérie, Vipère péliade, Pie-Grièche grise…

Les surfaces les plus ingrates des hauts reliefs du Massif Central (tourbières, landes montagnardes…) sont traditionnellement abandonnées aux chèvres et aux brebis (la fameuse race Lacaunaise, par exemple) ou, plus localement et depuis plus récemment, à des races bovines spécialisées telle la pittoresque Highland Cattle, petite vache écossaise à l’allure de yack devenue gestionnaire attitré (bénévole) de plusieurs tourbières des Monts de Lacaune et du Levézou.