Les Pyrénées et leurs vallées

La muraille alpine des Pyrénées centrales, qui compte plusieurs sommets à plus de 3000 m, se dresse au sud de la région (départements des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne et de l’Ariège). C’est un univers enchanteur, où se côtoient harmonieusement des espaces anthropisés et des espaces à forte naturalité, hébergeant une faune et une flore spécifiques.

Etang de Montestaure, Massif du Montcalm, Ariège, (c) Gilles Pottier

La moyenne montagne et la haute montagne (au-dessus de 1500 m, étages subalpin et alpin) présentent des conditions climatiques très rigoureuses, limitant le nombre d’espèces et favorisant leur spécialisation : à l’étage alpin, enneigé 7 mois sur 12 environ, les organismes ont une période de vie active extrêmement brève, pratiquement limitée aux mois d’été. Le taux d’endémisme y est remarquablement élevé, et la région Midi-Pyrénées détient une forte responsabilité conservatoire vis-à-vis de nombreuses plantes et animaux qu’on ne rencontre que dans les Pyrénées. C’est le cas des trois espèces de Lézards des Pyrénées (seuls reptiles d’Europe strictement montagnards) et de bien d’autres. Le massif pyrénéen, resté plus sauvage que d’autres massifs d’Europe, héberge par ailleurs une grande faune souvent disparue ailleurs : Ours brun, Gypaète barbu…

L’étage alpin des Pyrénées est un monde à part, une sorte de continent boréal entre Espagne et France. La période glaciaire a emmené au pied des Pyrénées l’actuelle faune du nord de l’Europe qui, au moment de la déglaciation, a eu le choix entre deux options : latitudinale ou altitudinale. La plupart des espèces ont opté pour les deux, un contingent ayant suivi le froid vers le haut et l’autre, vers le nord. Cela explique la présence dans les Pyrénées, à haute altitude (mais également dans les Alpes, ou parfois aussi le Massif Central), d’espèces également présentes en Ecosse, Scandinavie etc., mais totalement absentes entre le nord de l’Europe et les Pyrénées.