Lézard d’Aurelio

Iberolacerta aurelioi

Nom commun : Lézard d’Aurelio

Nom latin : Iberolacerta aurelioi

Famille : Lacertidés

Période d’activité / d’observation : mai/juin-septembre

Statut réglementaire : intégralement protégé

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

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C’est un petit lézard dont la taille et la morphologie sont assez semblables à celles du Lézard des murailles (Podarcis muralis). Le corps seul mesure environ, chez les adultes, 5 cm à 6 cm environ, la queue mesurant le double. La taille totale est donc de 15 cm environ. Les nouveaux-nés sont à peine un peu plus grands que ceux des deux autres Iberolacerta pyrénéens : corps de 2,5 cm à 3 cm environ.

Comme chez les 2 autres espèces d’Iberolacerta pyrénéens, l’écaille rostrale est en contact avec l’écaille internasale, ce qui n’est pas le cas chez le Lézard des murailles ni chez le Lézard vivipare (Zootoca vivipara).

La robe d’I. aurelioi, gris-brun à brun noisette, est assez semblable à celle d’I. aranica, les bandes dorso-latérales (à discrètes nuances d’or ou d’or blanc) étant souvent larges et d’aspect plus ou moins réticulé chez cette espèce présentant par ailleurs une teinte de fond relativement sombre (mâles surtout), s’accentuant avec l’âge. Comme chez les deux autres Lézards pyrénéens, le dos ne présente pas de véritable ligne vertébrale foncée (il est simplement plus sombre que les deux lignes ou bandes dorso-latérales qui l’encadrent) mais la queue en revanche porte une ligne longitudinale sombre diffuse poursuivant la coloration centrale du dos. Le bandeau foncé des flancs, qui se prolonge sur les côtés de la queue, est par ailleurs souvent piqueté de clair, chez les mâles notamment. La couleur de la face ventrale est remarquable, jaune d’or à orangée, avec souvent des taches noires plus ou moins confluentes sur la moitié antérieure des écailles ventrales. La teinte jaune - orangée, souvent réduite à la partie inférieure du ventre, peut être observée en vue dorsale et de profil dans la mesure où elle s’étend jusque sur la face interne de la cuisse et du bras, et gagne légèrement la base des flancs et de la queue. Mélanisme, leucisme et albinisme ne paraissent pas avoir été signalés, mais ils existent certainement. Le mâle reproducteur est plus massif que la femelle et présente généralement une robe plus contrastée, à teinte de fond plus sombre. Sa tête est généralement tachetée de noir. Son ventre présente une coloration jaune-orangée plus vive et plus étendue que chez la femelle. Le renflement caudal occasionné par la présence des hémipénis est très visible.

Habitat et écologie

Lézard strictement montagnard. I. aurelioi a été observé de 2100 m à 2649 m en Espagne, de 2100 m à 2942 m en Andorre et de 1960 m à 3077 m en France.

Les localités occupées par I. aranica, I. aurelioi et I. bonnali sont caractérisées par une moyenne des températures annuelles comprise entre -2°c et 5°c (généralement inférieure à 3°c). Il y a 7 mois de gelées nocturnes continues et la neige recouvre le sol durant 6 à 8 mois.

Comme les deux autres espèces de Lézards des Pyrénées, le Lézard d’Aurelio fréquente des habitats caractérisés par la présence de végétaux à tendance héliophile et/ou thermophile, sur des versants, crêtes ou talwegs généreusement ensoleillés comportant des milieux rocheux : pelouses parsemées de pierriers, éboulis, talus morainiques, affleurements délités, gros blocs fissurés…

Il s’accouple dès la fonte des neiges, les femelles pondent au début de l’été et les œufs éclosent en fin d’été. Il se nourrit d’invertébrés variés (insectes et leurs larves, arachnides, vers…).

Il cohabite parfois, surtout en-dessous de 2000 m, avec le Lézard des murailles. Le Lézard vivipare est également souvent présent dans les landes et pelouses qui cernent les milieux rocheux fréquentés (parfois dans ces milieux rocheux eux-mêmes !). Attention aux confusions !

Répartition en Midi-Pyrénées

Le Lézard d’Aurelio est un endémique pyrénéen qui occupe l’étage alpin de la chaîne s’étendant du versant méridional du massif du Mont Roig (le « Mont Rouch » ariégeois) (province de Lleida, Catalogne, Espagne) au massif du pic de Serrère (Andorre / Ariège).

Son aire de répartition est curieusement scindée en deux noyaux distincts, distants de 15 km environ (les prospections menées jusqu’à présent entre ces deux zones se sont révélées infructueuses) :

  1. le versant espagnol du massif du Mont Rouch
  2. les versants espagnol, andorran et français des reliefs s’étendant du massif du pic d’Estats / Montcalm au massif du pic de Serrère

C’est, comme le Lézard du Val d’Aran, une espèce qui ne se rencontre qu’en région Midi-Pyrénées en France, dans un seul département : l’Ariège.

En Ariège, il occupe deux zones principales : les massifs frontaliers du haut Vicdessos d’une part (depuis l’étang de Montestaure à l’ouest), et les massifs frontaliers de la partie occidentale du haut Aston d’autre part (jusqu’au vallon de la Rebenne à l’est). Les populations paraissent à la fois plus nombreuses et plus importantes dans le haut Vicdessos, où il est plus facilement observable. Il n’a jamais été observé sur le versant français du Mont Rouch, mais il pourrait y être présent. A bon entendeur…

Menaces

Comme toutes les espèces endémiques des Pyrénées dont la biologie est adaptée au régime climatique de la moyenne et de la haute montagne (et aux écosystèmes associés), le Lézard d’Aurelio est menacé par le réchauffement climatique global.

Rédaction Gilles Pottier
Dernière mise à jour : 31/10/2012