Protéger les hirondelles

Bien souvent perçues comme messagères du printemps, les hirondelles font partie des oiseaux que l’homme côtoie régulièrement durant les mois de printemps et d’été. Tant à la ville qu’à la campagne, elles occupent nos constructions, parfois même de façon inattendue ! Pourtant, savez-vous qu’il existe en Midi-Pyrénées 5 espèces différentes ? De plus, la plupart d’entre elles connaissent depuis plusieurs années un déclin notable et leurs effectifs par endroit ont chuté de manière inquiétante.

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Plusieurs facteurs influent sur les populations d’hirondelles :

  • l’altération des habitats : fermeture ou destruction des granges et rénovation du bâti ancien ; disparition des haies et assèchement des zones humides, etc.
  • l’agriculture intensive et l’emploi irraisonné de pesticides font disparaître les proies essentielles des hirondelles : les petits insectes
  • la destruction volontaire ou non des nids
  • l’altération des milieux et les usages massifs de phytosanitaires sur les sites d’hivernage

Ainsi, afin de protéger efficacement ces espèces, chacun peut agir de façon simple à travers des actions de connaissance (recensement des colonies), d’information (sensibilisation des habitants, des collectivités) et protection (préservation des colonies, installations de dispositifs anti-salissures, etc…).

Connaître

Il n’existe donc pas qu’une seule, ni même deux espèces d’hirondelles en Midi-Pyrénées (de même qu’en France métropolitaine), mais pas moins de 5 espèces aux mœurs parfois assez différentes.

L’Hirondelle rustique

  • Migratrice
  • Période d’observation : mars à octobre

L’archétype de l’hirondelle telle que l’imagine la plupart des gens. Silhouette fine et gracile, longs filets à la queue ; c’est une espèce plutôt rurale que l’on ne rencontre qu’en petit nombre dans les grandes villes quand elle y est présente. Son dos entièrement sombre révèle de magnifiques reflets bleus en pleine lumière. Elle occupe généralement les granges et étables ouvertes. Son nid est formé de terre et de végétaux (paille, foin), assemblés en un petit « bénitier » ouvert sur le dessus.

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Hirondelle rustique
(Cliquez pour agrandir)
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Hirondelle rustique
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Hirondelles rustiques
Notez le nid ouvert sur tout le haut
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Hirondelles rustiques
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Hirondelles rustiques
Nourrissage des jeunes

L’Hirondelle de fenêtre

  • Migratrice
  • Période d’observation : fin février à octobre

Sans doute la plus commune des hirondelles. Bien connue pour ses mœurs nidificatrices sous les avant toit des maisons, les balcons, etc. Elle se rencontre jusqu’au cœur des agglomérations où elle installe son nid fait de petites boules de boues agglomérées par la salive. Seule une petite ouverture permet l’entrée dans le nid. Il est souvent regroupé en colonie. On la reconnaît facilement à son croupion blanc qui tranche nettement avec le reste du dos sombre. Sa petite queue fourchue est nettement plus courte que celle de l’hirondelle rustique. En Midi-Pyrénées on peut encore trouver quelques colonies installées sur des falaises (Tarn et Garonne, Lot, Aveyron).

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Hirondelle de fenêtre
Adulte apportant de la nourriture aux jeunes
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Hirondelles de fenêtre
Jeunes au nid
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Hirondelles de fenêtre
Jeunes au nid
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Hirondelles de fenêtre
Jeunes au nid

L’Hirondelle de rivage

  • Migratrice
  • Période d’observation : mars à octobre

Elle est nettement inféodée à l’eau et, comme son nom l’indique, elle construit son nid dans les berges, talus ou encore parois de gravières (parfois même en activité !). Elle ne maçonne pas de nid mais fore un « terrier » horizontal dans le substrat. Peu contrastée, elle présente toutefois un petit collier sombre et une bande pectorale qui permettent de la distinguer. Elle est également plus petite que les autres espèces.

L’Hirondelle de rocher

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Hirondelle de rocher
(Cliquez pour agrandir)
  • Migratrice partielle / sédentaire
  • Période d’observation : février à novembre, toute l’année sur certains sites

Assez grande et trapue, l’espèce est, comme son nom l’indique, très liée à la roche et elle affectionne les zones de falaises abruptes pour nicher. Elle peut parfois s’installer sur certains bâtiments (édifices religieux, château, comme c’est le cas dans certains sites de la région). Son nid ressemble à celui de l’hirondelle rustique mais sans l’utilisation de végétaux. Il est en principe plus profond. Sa silhouette puissante ne présente que peu de contrastes. Seules de petites fenêtres blanches sur la queue déployée se démarquent de l’aspect général grisâtre.


Ne pas confondre !

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Malgré des mœurs en apparence assez similaires, il ne faut pas confondre les hirondelles et les martinets ! Ils ne font pas du tout partie de la même famille, bien qu’ils exploitent à peu près le même type de proies (petits insectes volants, araignées, etc…). On rencontre en Midi-Pyrénées, comme en France métropolitaine, 3 espèces de martinets : le martinet noir, le martinet pâle, le martinet à ventre blanc. Les espèces de martinets vivant chez nous ne fabriquent pas de nids maçonnés et se contentent d’aménagements sommaires du substrat.


Il est important de rappeler que les hirondelles (comme les martinets) sont intégralement protégées par la loi. Ainsi, leur destruction comme celle de leur nid est formellement interdite.

Agir !

Participer à la connaissance

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Les hirondelles sont des espèces à large répartition. L’hirondelle rustique et l’hirondelle de fenêtre peuvent être par exemple observées quasiment partout dans la région.

Les chiffres issus du Suivi Temporel des Oiseaux Communs apportent une information quant à la tendance générale de la population nationale toutefois les disparités régionales et plus locales ne peuvent être mises en évidence que par des données plus précises.

Chacun peut ainsi participer à une meilleure connaissance de ces espèces et un recensement plus précis des sites de nidification. Ceci permettra notamment de suivre l’évolution régionale mais également de pouvoir réagir en cas de problème identifié sur le site.

Nature Midi-Pyrénées mène notamment une campagne régionale pour recenser les nids d’hirondelle de fenêtre et d’hirondelle rustique, les plus facilement observables. (lien vers pages campagne) Pour les autres espèces, chacun peut également saisir ses observations directement dans la base de données naturalistes de l’association (lien Baznat).

Aménager des dispositifs anti-salissures lorsque nécessaire

Les premières concernées sont généralement les hirondelles de fenêtre, qui nichent sous les avant toits et les balcons, voire parfois les hirondelles rustiques, qui peuvent nicher dans des garages ou autres dépendances occupées. Durant la période de nidification, les fientes peuvent s’accumuler sous le nid et engendrer des salissures sur les façades ou directement le sol à l’aplomb du nid. Si ces salissures posent un réel problème (esthétique, pratique, etc.), surtout n’enlever pas les nids ! D’une part c’est strictement interdit et vous priveriez les oiseaux de leur site de nidification.

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Planches anti-salissures

Pour éviter ce petit désagrément, une solution simple est bien souvent facile à mettre en place. En effet, il suffit d’installer une petite planche de bois horizontale sous le nid fixée par exemple avec deux équerres. Afin de ne pas « étouffer » le nid et entraîner son abandon, il faut prendre soin de fixer la planchette à environ 20 cm sous le nid, un peu plus si possible. La planche doit être suffisamment profonde pour récupérer les déjections mais pas trop non plus pour ne pas créer un effet de « deuxième niveau » qui pourrait inciter les hirondelles à s’installer sous cette planche !

Les fientes ainsi stoppées par la planche peuvent être nettoyées annuellement. D’ailleurs, elles constitueront une fois diluées un très bon engrais naturel. La planche peut également être démontée en automne/hiver une fois les oiseaux partis. Pensez par contre à la réinstaller dès le mois de février un peu avant le retour de vos hôtes à plumes.

Pour tout conseil, accompagnement technique, etc. que vous soyez un particulier ou une collectivité, n’hésitez pas à nous contacter.

Installer des nids factices

Si vous n’hébergez pas d’hirondelles ou si vous souhaitez inciter une nidification sur un autre site, il existe la possibilité d’installer des nids factices (pour hirondelle de fenêtre). Ces nids, contrairement aux nichoirs pour passereaux cavicoles/semi cavicoles (lien fiche) ne sont pas utilisés directement pas les oiseaux en principe mais vont avoir un effet « attractif ». Les hirondelles de fenêtre nichant généralement en colonie pourront être motivées par ces nids et venir construire d’autres nids sur et à côté de vos installations. Des faux nids peuvent être achetés dans le commerce sur certains sites spécialisés. Vous avez également la possibilité de les fabriquer vous-mêmes (c’est une activité très ludique notamment avec des enfants) en utilisant une armature de fil de fer et du papier mâché, le tout recouvert ensuite de boue pour donner une apparence de véritable nid (vous pouvez utiliser un petit ballon pour servir de support au départ).

Pour le choix du site, il faut évidemment s’orienter vers des endroits qui seraient plus « naturellement » colonisés par les hirondelles (avancées de toit, balcons). N’hésitez pas, là encore, à faire appel à l’association pour tout conseil particulier.

Ressources

Livres et revues

  • La Hulotte (revue), Pierre DEOM
    N°58, 60, 62, 64 et 70
    Revue disponible sur abonnement : écrire à La Hulotte - Editions PASSERAGE - 8 rue de l’Eglise - 08240 Boult aux Bois
  • Les hirondelles, Jean Sériot et Diana Alvès, Delachaux et Niestlé, 2002
  • Aidons les martinets et les hirondelles, dossier CPN
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