Protocole POPReptile

Inventaire et suivi des reptiles

Initié depuis plusieurs années sur une douzaine de sites en ex-Midi-Pyrénées, le protocole POPReptile permet de faire un suivi terrain des populations de serpents et lézards.

Initié par la SHF, les CPIE, l’ONF et RNF, le protocole POPReptile est divisé en trois volets :
- le POPReptile 1 (= inventaires simples) : il s’agit simplement d’inventorier les espèces présentes sur un site, à très court terme (généralement sur deux ans)
- le POPReptile 2 (= suivis temporels) : on peut le rapprocher du précédent, avec une application à moyen/long terme, permettant de suivre l’évolution dans le temps
- le POPReptile 3 (= habitats & gestion) : il s’adresse plus spécifiquement aux gestionnaires, permettant de comparer différents habitats et modes de gestion du site La quasi-totalité des sites suivis dans la région entrent dans le cadre du POPReptile 2.

Une couleuvre verte-et-jaune subadulte (Hierophis viridiflavus), qui tente de se camoufler © B. Piccinini

Le protocole en lui-même est le même, peu importe le volet :
- on dispose 4 « plaques à reptiles » (généralement des anciens tapis de carrière découpés à 1 m²), espacées d’environ 50 m, formant un transect d’environ 150 m. Ces plaques sont disposées sur des micro-habitats favorables à la présence des reptiles et à leur thermorégulation (que l’on appelle des placettes d’insolation), typiquement des lisières
- plusieurs transects peuvent être disposés sur un même site, s’ils sont situés entre 50 m et 500 m les uns des autres
- des sites peuvent être groupés en aire, dans laquelle chacun de ces sites est distant d’au moins 500 m.

Exemple de disposition d’une plaque, avec des branches dessous pour permettre aux serpents de se déplacer © B. Piccinini

Les relevés (à vue et/ou sous les plaques) s’effectuent généralement au printemps, au pic d’activité des reptiles, avec un nombre minimal de 6 passages dans la saison. Pour mettre toutes les chances de notre côté et tenter d’observer le maximum d’individus, on scrute la météo, et on va sur site dès que les conditions sont favorables (en respectant un intervalle de 2 jours minimum entre chaque passage).

Les serpents sont généralement observés sous les plaques, les lézards au-dessus. Ici, un lézard des murailles (Podarcis muralis) © B. Piccinini

Ces animaux ne sont pas manipulés (espèces protégées !) ; il s’agit simplement d’une observation visuelle, avec possibilité de prendre des photos et/ou vidéos, qui peuvent faciliter l’identification à posteriori, si par exemple l’individu s’est enfui trop vite quand on soulève la plaque.

De belles surprises nous attendent quelques fois ! Ici, 4 couleuvres vipérines (Natrix maura) sous la même plaque © B. Piccinini

Les suivis peuvent se faire seul, mais on conseille de prospecter en binôme, ou trinôme, avec une personne qui soulève la plaque pendant que l’autre prend une photo/vidéo. Deux paires d’yeux valent toujours mieux qu’une. Il est néanmoins fortement déconseillé de débarquer à 10 : prospection est synonyme de discrétion ici, les animaux assez farouches peuvent nous entendre arriver de loin !

Et quelques fois, on tombe sur des choses étonnantes… comme ce lézard à deux raies mâle (Lacerta bilineata, anc. lézard vert occidental) perché dans un buisson, et repéré par le bruit des branches © B. Piccinini

Sachez enfin qu’il n’y a pas que des reptiles qui aiment se mettre sous les plaques ; des amphibiens, micro-mammifères ou insectes et autres araignées ont déjà été observés.

Le protocole complet est consultable en ligne, sur le site de la SHF : http://lashf.org/wp- content/uploads/2016/10/POPReptile_2016_6_10.pdf