Qu’est-ce qu’un lichen ?

Les lichens sont des organismes composés d’au moins un champignon (le mycobionte) et un partenaire photosynthétique, plus rarement deux, (le photobionte, algue verte ou cyanobactérie)

Le thalle lichénique, l’appareil végétatif du lichen, étant dépourvu de racine, de stomate et de cuticule, dépend totalement et uniquement de l’atmosphère, de l’eau et du soleil pour sa nutrition. Grace à cette particularité les lichens ont réussi à s’implanter et coloniser tous les territoires existants. Leur décomposition fournit de l’humus et permet à d’autres végétaux de s’installer. Puis des animaux viendront brouter ces végétaux et le cycle de la vie s’installe. Ce phénomène s’observe sur les champs de lave après (enfin longtemps après, voire même très longtemps après) une éruption volcanique, les premiers pionniers sont effectivement les lichens. Une autre caractéristique des lichens est à l’origine de leur expansion : la reviviscence, capacité de passer rapidement, réversiblement et répétitivement de l’état sec à l’état hydraté. Quand les conditions climatiques ne sont pas favorables, ils arrêtent ou ralentissent leur métabolisme. L’algue et le champignon se protégeant mutuellement, ils ont au fil des millénaires, colonisé tous les milieux, zones arides, tropicales ou encore glaciales. Certains lichens peuvent rester immergés 9 mois tandis que d’autres se développent à l’abri de la pluie ; des espèces sont calcicoles d’autres calcifuges, certaines aiment la lumière d’autres préfèrent l’ombre. Toutes ces spécificités rendent particulièrement intéressante l’étude des différents milieux écologiques par le biais des lichens. Ce sont des indicateurs infaillibles. En fonction des substrats, on rencontre des espèces de lichens bien différentes : terricoles sur le sol, corticoles sur les écorces des arbres, lignicoles sur le bois mort, saxicoles sur les rochers les murs et divers matériaux compacts. Ils ne tirent aucun élément nutritif de ces supports, mais sont très sensibles à leurs caractéristiques mécaniques et chimiques. On en trouve aussi poussant sur des mousses (muscicoles), sur les feuilles (foliicole), et même sur d’autres lichens (lichénicoles), plus rarement sur des panneaux de signalisation, du verre, des boites aux lettres, la liste peut être très longue… Nous parlons de :
-  thalle crustacé (le plus répandu) quand il est fortement adhérent au substrat, difficilement détachable, parfois même inclus dans celui-ci. Il a l’aspect d’une croûte, parfois fendillé, aréolé, lobé ou non au pourtour.
- thalle squamuleux quand il est constitué de petites écailles plus ou moins serrées les unes contre les autres.
- thalle foliacé quand il est formé de lames plus ou moins lobées, facilement détachables du substrat.
- thalle fruticuleux quand il est formé de lanières plates ou de tiges plus ou moins ramifiées et plus ou moins buissonnantes, adhérant au substrat par une surface réduite.
- thalle complexe ou composite quand il est formé de 2 parties distinctes. D’un thalle primaire crustacé, squamuleux ou foliacé et d’un thalle secondaire (podétions ou pseudopodétions) fruticuleux dressé, plus ou moins ramifié, portant les fructifications.
- thalle gélatineux quand à l’état humide il a la consistance de la gélatine en raison de la présence de cyanobactéries réparties uniformément dans le thalle. À l’état sec il est coriace et friable. On peut rencontrer ces différentes morphologies sur tous types de substrats, le sol, les rochers, les arbres, les branches et le bois mort. À une exception près peut être, sur les feuilles ou je ne connais que des lichens crustacés.