Végétations aquatiques

  1. Présentation du milieu
  2. Accès aux fiches espèces des végétations aquatiques

Présentation du milieu

Un milieu aquatique est, par définition, un biotope dans lequel l’élément structurant est l’eau. Il est possible de distinguer deux grands types de milieux aquatiques, les plans d’eau et les cours d’eau. Ces derniers peuvent être classés, selon le critère du « faciès d’écoulement », en deux types, le type lotique et le type lentique. Le premier regroupe les masses d’eau dans lesquelles l’écoulement est courant, c’est-à-dire les « eaux vives », et le second les masses d’eau dans lesquelles l’écoulement est lent, on parle également « d’eau dormante » bien que ce ne soit pas toujours juste.

Remarque : cette classification lotique/lentique est également utilisée pour séparer les plans d’eau des cours d’eau.

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Cours d’eau aux eaux eutrophes
(Photo : M. Menand)
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Cours d’eau aux eaux oligotrophes
(Photo : M. Menand)
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Mare très végétalisée
(Photo : M. Menand)
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Mare peu végétalisée
(Photo : M. Menand)

La végétation aquatique, communément appelée « macrophytes aquatiques », désigne l’ensemble des végétaux aquatiques identifiables à l’œil nu, soit des Phanérogames, des Bryophytes, des Ptéridophytes et des algues filamenteuses, dont la partie photosynthétique active est au moins pendant quelques mois de l’année, submergée ou flottante.

Remarque : souvent les descriptions de la végétation aquatique d’un milieu se limitent aux plantes vasculaires et négligent les bryophytes et les algues.

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Herbier d’algues Characées
(Photo : M. Menand)
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Herbier de bryophytes (Fontinalis antipyretica)
(Photo : G. Séveno)

Les macrophytes aquatiques peuvent êtres classés à l’aide de la taxinomie (Cf. paragraphe précédent) mais également par leur type biologique. Ce dernier permet de distinguer trois grands groupes de macrophytes. Tout d’abord, les Hélophytes. Ce sont des plantes semi-aquatiques développant entièrement ou en partie leur appareil végétatif hors de l’eau, par exemple, les roseaux et faux roseaux (Phragmites australis, Phalaris arundinacea), les massettes (Typha spp.), les prêles (Equisetum spp.) ou les cypéracées (Juncus spp., Carex spp., Cyperus spp., Eleocharis spp., etc.)…

Remarque : De nombreux hélophytes peuvent survivre sur les berges ou les atterrissements d’un cours d’eau durant l’étiage ainsi la distinction entre les différents types biologiques n’est pas toujours aisée et peut varier pour une même plante en fonction des conditions du milieu.

Ensuite les Hydrophytes qui sont des plantes strictement aquatiques pouvant être flottantes ou fixées mais dont le développement de l’appareil végétatif se fait au détriment du système racinaire, par exemple les lentilles d’eau (Lemna spp.) ou les renoncules (Ranunculus spp.), les algues (filamenteuses ou non) et certains Bryophytes (Fontinalis spp., Cinclidotus spp. etc.)…

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Cordons de renoncules aquatiques en eau courante
(Photo : M. Menand)
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Cordons de renoncules aquatiques
(Photo : M. Menand)
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Tapis de nénuphars jaunes
(Photo : M. Menand)
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Herbier de callitriches et voile de lentilles d’eau
(Photo : M. Menand)

Quant aux Amphiphytes, ce sont des plantes amphibies pouvant vivre émergées ou immergées en fonction des conditions du milieu, par exemple les Jussies (Ludwigia spp.), certains Bryophytes (Cratoneuron filicinum, Hygrohypnum spp. etc.) ou encore le cresson de fontaine (Nasturtium officinale), la berle dressée (Berula erecta) ou l’Ache faux-cresson (Helosciadium nodiflorum).

Pour pouvoir survivre et se développer dans les milieux aquatiques, les végétaux ont dus développer un certains nombre d’adaptations. Tout d’abord la possibilité de résister au courant (organes filiformes et flexible, des tiges renforcées par endroits et des feuilles finement divisées), et une manière d’absorber les gaz dissous et les nutriments (développement d’organes capables de les extraire de l’eau et les faire circuler). La flottaison ou la possibilité de se maintenir dans la colonne d’eau est également nécessaire, en particulier pour les hydrophytes dont les tissus de soutiens sont très réduits (développement de l’aérenchyme). Enfin la reproduction sexuée étant souvent peu efficace en milieu aquatique (mais tout de même pratiquée par un certains nombre de végétaux aquatiques), la multiplication végétative constitue donc une des adaptations des plantes au milieu aquatique.

La végétation aquatique est mal connue et souvent considérée comme une nuisance par les différents usagers des cours d’eau. La tendance qu’ont la plupart des personnes à utiliser la dénomination « algue » pour désigner l’ensemble des plantes aquatiques n’aide pas à faire évoluer cette vision des choses. En effet le type de nuisance varie selon le type d’usager, prenons par exemple un professionnel de la pêche dont l’hélice du moteur se trouve constamment bloquée par des plantes de type Myriophylles ou Renoncules et un propriétaire riverain pour qui la beauté naturelle d’une surface d’eau « miroir » est gâchée par toutes ces « algues ». Ces deux personnes ont une vision différente de la nuisance créée par les plantes, le premier y verra probablement une nuisance d’ordre mécanique alors que pour le second elle sera plutôt d’ordre visuelle voire olfactive lors de la phase de sénescence des végétaux. Toutefois il est important de remarquer que dans l’ensemble, bien que les causes diffèrent, l’image globalement négative de cette végétation dans l’esprit des gens reste la même.

Après ce point sur la représentation globale de la végétation aquatique, essayons de regarder d’une manière objective la présence des plantes aquatiques et d’identifier les enjeux qu’elle représente pour le bon fonctionnement de l’hydrosystème. La présence de végétaux aquatiques ne constitue en aucun cas une nuisance pour le milieu naturel exception faites des cas de prolifération végétale (pouvant causer une anoxie du milieu, en particulier la nuit) dont les causes sont souvent multiples mais trouvent, la plupart du temps, leur origine dans une modification anthropique des conditions du milieu (apport excessif de nutriments, modification de l’hydrologie…). En effet, les macrophytes aquatiques ont au contraire plusieurs rôles clef dans l’hydrosystème. Tout d’abord un rôle physico-chimique, les végétaux produisent de l’oxygène, gaz indispensable à la fois pour la respiration des organismes aquatiques et pour la dégradation de la matière organique (réactions d’oxydoréduction), durant la journée à travers la photosynthèse. Ensuite un rôle biologique, les végétaux sont les producteurs primaires des chaînes trophiques des écosystèmes et participent au maintien de la biodiversité du milieu en permettant une meilleure résistance aux perturbations et en servant de niches écologiques pour les invertébrés et les poissons (abris, frayères et nourriture). Le troisième rôle identifiable est le rôle mécanique consistant en la protection des berges contre les phénomènes d’érosion. Enfin ils ont un rôle épurateur de l’eau à travers la consommation des nutriments pour leur croissance ce qui contribue à améliorer la trophie du milieu.

A travers ces différents rôles, il devient relativement facile d’identifier les principaux enjeux que peut représenter cette végétation à la fois pour l’Homme (phyto-épuration de l’eau, protection des zones rivulaires, renouvellement d’une ressource alimentaire…) et pour les milieux aquatiques (maintien de la biodiversité, oxygénation du milieu, détoxification…) et ainsi justifier l’importance de la connaître et de la protéger.

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Colonie d’utriculaire dans des eaux mésotrophes peu profondes
(Photo : M. Menand)
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Mare envahie de jussie
(Photo : M. Menand)
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Herbier très dense dans des eaux eutrophes
(Photo : M. Menand)
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Tapis de potamot noueux
(Photo : M. Menand)
Texte rédigé par Geoffroy Séveno et Mathieu Menand
Dernière mise à jour : 28/10/2017

Accès aux fiches espèces

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Azolla fausse-fougère
Azolla filiculoides
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Callitriche des eaux stagnantes
Callitriche stagnalis
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Cornifle nageant
Ceratophyllum demersum
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Elodée du Canada
Elodea canadensis
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Grand lagarosiphon
Lagarosiphon major
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Lentilles d’eau
Lemna spp.
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Jussie à grandes fleurs
Ludwigia grandiflora
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Myriophylle en épis
Myriophyllum spicatum
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Nénuphar jaune
Nuphar lutea
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Potamot noueux
Potamogeton nodosus Poir.
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Renoncule à feuilles capillaires
Ranunculus trichophyllus
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Utriculaire australe
Utricularia australis
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Vallisnérie en spirale
Vallisneria spiralis